Classe Défense du collège Braque : un premier trimestre riche en projets!

Les élèves des classes Défense du collège Georges Braque vous racontent 4 des projets qu’ils ont menés ce trimestre. Ces projets originaux mêlent tous histoire, citoyenneté et mémoire. Bonne découverte !

1. Le projet de rénovation d’un carré militaire

Cette année, le 20 septembre, nous sommes allés au cimetière St Sever, rive gauche, derrière le stade Diochon, pour participer à la rénovation des tombes d’un carré militaire. Cela fait maintenant 5 ans que les élèves de la Classe Défense ont commencé la rénovation. C’est long car il y a beaucoup de tombes mais aussi parce qu’on doit y aller quand il ne pleut pas et qu’il ne fait pas trop froid. C’est assez rare chez nous !

Nous y allons en TEOR, cela prend presque une heure. Sur place, nous devons nous protéger avec des sacs poubelle et des gants de cuir. Nous devons aussi porter des vêtements qui ne craignent rien car nous utilisons des produits nocifs pour la peau et le tissu.

La rénovation se fait en plusieurs étapes : d’abord il faut gratter intégralement la stèle pour enlever la rouille, la poussière et la mousse. Ensuite il faut épousseter pour que le métal soit parfaitement propre. Enfin, nous appliquons soigneusement une peinture spéciale.

Nous sommes fiers de participer à ce projet. Au début, nous étions intimidés d’aller dans un cimetière mais nos professeurs nous ont expliqué que c’était un projet important, que ces personnes étaient mortes pour la France et que notre investissement faisait partie du travail de mémoire.

Sortie à la préfecture

Le lundi 6 octobre, nous sommes allés à la préfecture de Rouen, aussi appelé l’Hôtel-Dieu. La préfecture est un lieu où l’on peut effectuer des démarches administratives, même si la plupart sont aujourd’hui dématérialisées. Mais peu de personnes savent que c’est un ancien hôpital qui existe depuis le Moyen-Age. À l’époque, c’était à l’écart de la ville et on y hospitalisait les malades de la Grande Peste.

Nous avons visité la cour d’honneur dont l’entrée est marquée par un grand portail bleu en fer forgé. C’est un monument historique, c’est-à-dire qu’il fait partie du patrimoine. Il est interdit de le modifier.

Ensuite nous avons aperçu de l’extérieur la salle des actes : c’est le lieu où pendant longtemps les médecins prêtaient le serment d’Hippocrate. Aujourd’hui, ce sont des bureaux.

Pendant notre visite de la préfecture, nous avons appris beaucoup de choses. Par exemple, nous avons découvert que les sœurs Augustines étaient des femmes religieuses qui concevaient des tisanes thérapeutiques pour les malades. Les sœurs Augustines vivaient à l’Hôtel-Dieu et étaient toujours en compagnie des malades. Dans un grand jardin, appelé jardin de simples, elles cultivaient des plantes et des herbes médicinales.

Tisanerie de l’Hôtel Dieu

Pendant la peste elles étaient équipées d’un masque spécial, le masque en forme de bec le « Medico della Peste ». Les sœurs Augustines et les apothicaires (=les pharmaciens de l’époque) pensaient que rajouter des épices dans leurs masques les épargnaient des contaminations.

Les sœurs ne se mariaient pas et étaient dévouées à la santé des malades. Les conditions de vie étaient difficiles pour les malades. Selon leur classe sociale, ils n’étaient pas logés de la même manière. Les plus pauvres devaient par exemple partager le même lit, jusqu’à 5 personnes dans la même paillasse. Les plus aisés pouvaient avoir une chambre avec un balcon. Aujourd’hui les sœurs Augustines sont qualifiées comme des infirmières.

Lors de notre visite, nous avons également assisté à une cérémonie d’accueil dans la citoyenneté française. Il s’agit d’une cérémonie où des personnes d’origine étrangère obtiennent officiellement la nationalité française. C’est un moment émouvant et le public applaudit chaque nouveau citoyen et citoyenne. En plus, nous avons assisté, par hasard, à l’accueil dans la citoyenneté d’une ancienne élève du collège !

Les personnes reçoivent un dossier d’accueil qui contient : une lettre de bienvenue du président de la République, la charte des droits et devoirs du citoyen français, un extrait de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, un extrait de la Constitution de la Vème République et le texte le l’hymne national.

Les commémorations du 11 novembre

La préparation :

Les élèves du collège Georges Braque et les CM2 de l’école Alice Milliat, ancienne école Jean-Philippe Rameau, ont préparé leur intervention commune pour les commémorations du 11 novembre. Les élèves se sont entrainés à chanter « La Marseillaise », l’hymne de la France, a cappella, c’est-à-dire sans musique.

Nous avons travaillé pendant deux créneaux : le mardi 14 octobre de 15h35 à 16h35 puis le mardi 4 novembre sur le même horaire. Les CM2 sont venus au collège et nous nous sommes tous installés dans la cour. C’est difficile car à nous tous, nous représentons un très grand groupe, au moins 50 élèves ! Chacun avait appris les paroles de son côté. D’abord les CM se sont entraînés puis les « grands », c’est-à-dire nous, et enfin nous avons répété tous ensemble. Parfois certains élèves sont un peu timides et n’osent pas trop chanter fort mais le chœur a réussi à rendre une version très solennelle de l’hymne.

Le Jour J, étape 1, le cimetière St Sever

Chaque année nous commençons par une courte cérémonie au cimetière St Sever, derrière le stade Diochon, rive gauche. Nous avons lu le dernier couplet de la Marseillaise et les élèves de SIB, exceptionnellement présents cette année, ont lu un poème.

Nous nous rendons ensuite très vite Place Carnot, près du pont Corneille, au pied du monument de la Victoire. C’est une cérémonie beaucoup plus longue et très impressionnantes car de nombreux militaires sont présents. Le préfet est également présent.

Nous avons de la chance car il n’a pas plu. C’est difficile de rester silencieux et calme pendant une heure mais ce n’est pas grand-chose comparé au sacrifice des personnes décédées pendant les grands conflits.

Le projet « belvédère de la résistance »

Nous avons mené un projet pour lequel nous avons travaillé plusieurs mois. Ce projet nous a été proposé par la mairie de Rouen.

Tout a commencé le 20 mars 2025, quand nous étions en 4e. Nous sommes allés à la tour des Archives pour consulter des documents authentiques sur les femmes résistantes rouennaise pendant l’Occupation nazie. A partir de ces informations, nous avons écrit de courts textes biographiques sur une feuille avec un stylo. C’était difficile parce qu’on ne pouvait pas copier/coller des informations sur internet. Il fallait tout lire pour retracer leurs parcours. Certains d’entre nous ont eu la chance de prendre l’ascenseur afin de monter au 30ème étage de la tour. Ces courtes biographies ont ensuite été vérifiées par un comité scientifique.

La 2ème partie de ce projet a été l’inauguration du Belvédère de la Résistance :

Rive gauche, au niveau du quai Cuvelier de la Salle, des plaques de Plexiglas gravées des noms des résistants ont été fixées sur la main-courante. Ces plaques ont été associées à des QR codes qui permettent d’accéder aux notices biographiques. N’hésitez pas à aller les voir si vous passez par là!

Le 5 décembre 2025, nous avons retrouvé les élèves du collège Barbey d’Aurevilly, de Corneille et de Boieldieu pour l’inauguration. Il y avait également des descendants de résistantes et des membres des associations mémorielles. Le maire de Rouen a fait un discours. Nous avons lu un texte hommage qui reprenait le poème « Je trahirai demain » de Marianne Cohn, morte pendant sa détention sous la torture, et les noms des femmes que nous avions découvertes. C’était un moment particulièrement émouvant.

Les élèves de classe Défense

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