Super Bowl : Bad Bunny fait le show… et ça ne plaît pas à tout le monde!

« Si vous n’avez pas compris ce que je viens de dire, vous avez quatre mois pour apprendre. »

C’est ce qu’a déclaré le chanteur de nationalité portoricaine en tant que hôte lors du « Saturday Night Show ». Bad Bunny – de son vrai prénom, Benito Antonio Martínez Ocasio – a été désigné pour assurer la mi-temps de la 60éme édition de la Nation Football League.

Avant lui des artistes comme Madonna, Beyoncé ou plus récemment Kendrick Lamar ont offert des performances musicales accompagnées d’effets spéciaux, de mises en scène et de danseurs. Ce spectacle est attendu par des milliers de personnes et est visionné à l’international. La finale de NFL (National Football League) s’est déroulée le 8 février dernier au stade Levi’s Stadium de Santa Clara, un stade pouvant accueillir jusqu’à 77 000 personnes. Le chanteur n’avait annoncé aucune date ou concert car il craignait que ses fans soient approchés par la ICE (United State Immigration and Customs Enforcement : le très controversé service d’immigration et des douanes mis en place par Trump l’année dernière).

Bad Bunny est un artiste très engagé, notamment dans son nouvel album : DeBÍ TiRAR MáS FOToS” (traduction : J’aurais dû prendre plus de photos). Attaché à ses origines et à sa culture portoricaines, il évoque de nombreux problèmes et injustices liés aux immigrés et aux personnes racisées en général. Situé dans les Caraïbes, Porto Rico est un état libre mais associé aux Etats-Unis. Les Portoricains possèdent leur propre convention mais ont la citoyenneté américaine. Donald Trump les considère cependant comme des sous-citoyens américains.

Certains Américains, plutôt conservateurs et partisans du parti MAGA de Trump, critiquent la participation de Bad Bunny en raison de sa nationalité portoricaine. On comprend que leur agacement se cache derrière sa couleur de peau et qu’un chanteur canadien ou anglais n’aurait pas reçu de tels propos racistes. Le chanteur est connu à l’international et a un grand succès, cependant il chante principalement en espagnol.

Plus récemment, c’est lors de la 68ème édition des Grammy Awards que Bad Bunny et d’autres artistes ont ouvertement pris la parole sur la situation d’immigration actuelle aux États Unis.  » ICE out! We’re not savage, we’re not animals, we’re not aliens! We are humans and we are Americans. » déclare-t-il le 1er février dernier pendant son discours après sa victoire pour le meilleur album de l’année .

L’organisation du halftime show (mi-temps du Super Bowl) avait d’ailleurs assuré qu’ aucune opération de la ICE n’aurait lieu lors de la performance du chanteur. Car on le sait, beaucoup de ses fans sont d’origine latino-americaine et étaient inquiets de se rendre à l’événement. D’ailleurs, quelqu’un d’autre n’a pas fait son apparition pour cet événement retranscrit pourtant dans plus de 130 pays…

…En effet, si Donald trump a assisté au précédent Super Bowl assuré par Kendrick Lamar (voir notre article de l’année dernière), cette année le président des États -Unis avait annoncé qu’il ne serait pas là et a ensuite publiquement qualifié ce halftime show comme étant « l’un des pires de TOUS LES TEMPS ! Il n’a aucun sens, c’est une insulte à la grandeur de l’Amérique ». Avec tous les messages insultants publiés depuis en plus de celui de Donald Trump publié sur Twitter, on a bien compris que Bad Bunny n’était pas apprécié de tous. Et pourtant, après sa performance, il a également reçu énormément de soutien, de compliments et d’encouragements.

Et le show? Si vous vous attendiez à une performance très politique, le spectacle a pris une direction plus festive et joyeuse même si Bad Bunny avait choisi de ne chanter quasiment uniquement en espagnol, rendant ainsi hommage à la culture portoricaine. Voici quelques éléments qu’on a beaucoup aimé :

– Le premier décor illustre un champ agricole où des jibaros (traduction: travailleurs agricoles portoricains) y travaillent. Le chanteur est accompagné principalement de danseurs latinos.


– Entre la chanson de Lady Gaga « Die with a smile » en plus de la reconstitution de maisons et boutiques typiquement portoricaines, le décor s’est également transformé pour célébrer le vrai mariage de citoyens en plein milieu du show! Entouré de danseurs et de musiciens, le couple s’est dit oui devant près de 124 millions de téléspectateurs, avec même un réel gâteau de mariage ! Qui refuserait un tel mariage quand Bad Bunny est également votre réel témoin !

– On aussi aperçu le chanteur portoricain réveiller un jeune garçon endormi entre deux chaises avant la reprise de « lo que le pasó a Hawaii » de Ricky Martin surnommé le roi de la pop latino-américain. Une chanson très émouvante et engagée.

Alors oui, on s’éloigne de la politique, Bad Bunny a voulu avant tout rassembler les gens à travers la musique, l’amour et la culture (mais après tout, n’est-ce pas un peu politique?). Et juste avant de terminer sa prestation par sa célèbre chanson « DeBÍ TiRAR MáS FOToS», le chanteur marque les esprits en nommant un par un les pays représentants toute l’Amérique .
Beaucoup semble l’oublier mais le continent ne s’arrête pas aux États-Unis et au Canada. Bad Bunny rappelle donc ainsi qu’il est aussi pleinement « américain », que cela plaise ou non. Certains fans ont réagit avec émotion.
La participation d’artistes au Super Bowl est de plus en plus critiquée alors qu’elle est censée rassembler les fans du sport ainsi que célébrer l’amour et réunir les gens.


Pour retrouver Bad Bunny , Lady Gaga et bien plus encore cliquer sur ce lien.

Goundo


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