Je suis sûre que les noms d’Anne Frank, Georges Orwell ou encore Suzanne Collins, écrivaine des Hunger Games, vous semblent familiers. Pourtant de l’autre côté de l’Atlantique, leurs œuvres ont fait polémique. On parle même de censure pour certains.
Aux États Unis, pays fortement attaché à la liberté d’expression, il est tout à normal de voir des livres comme le Journal d’Anne Frank être retirés de certaines écoles ou bibliothèques scolaires. Il est surprenant d’apprendre que ce livre très intime d’une jeune adolescente juive n’est pas accessible aux enfants alors que ce livre est un témoignage directe, à hauteur d’enfant, des atrocités de la Shoah et d’une période importante et bouleversante du 20ème siècle. Au Texas, un enseignant a même été licencié pour avoir étudié son adaptation graphique avec ses élèves de 8ème année (équivalent de la quatrième en France).

Dans nombres d’établissements scolaires français, ce célèbre livre introduit aux élèves l’histoire de la seconde guerre mondiale alors pourquoi l’interdire aux USA ?
Et bien, derrière les controverses se cache une volonté de censurer ces livres dits ‘’ dérangeants’’, perçus comme inappropriés ou au vocabulaire trop cru pour de jeunes enfants et adolescents. Mais en réalité la plupart de ces livres sensibilise les jeunes générations face au racisme, à la sexualité, aux questions de genre ou encore à l’Histoire, en argumentant tout en préservant les enfants. Selon les données recueillies par « Pen America », un organisme qui défend la liberté d’expression aux USA, le nombre d’interdictions répertoriées par année scolaire est passé de 2532 en 2012-22 à plus de 10 000 en 2023-24, et plus encore sans doute cette année.



De plus, la plupart des auteurs censurés sont des femmes, des personnes racisées ou appartenant à des communautés telles que LGBTQIA+, au nom du « wokisme » bien souvent. Ainsi, Suzette Baker, 57 ans, directrice de la bibliothèque publique de Kingsland, au Texas, a dû entamer un procès pour licenciement abusif après avoir été renvoyée pour avoir refusé de retirer des rayons des livres sur l’histoire de noirs américains et de personnes de la communauté LGBTQIA+ à la demande d’un groupe d’activistes conservateurs. Elle a heureusement remporté son combat judiciaire. Alors, effectivement, cette décision d’interdire certains livres n’est pas nationale aux USA : une bibliothèque, une école, un lycée ou bien un district peut contrôler et interdire plusieurs titres. Certes, mais l’effet est bien là.
La liberté d’expression peut donc être remise en question dans ces situations d’autant plus que cette censure ne protège pas les enfants comme elle le prétend, au contraire, elle les prive de leur capacité à penser de manière critique et à s’ouvrir à un monde plus moderne, juste et égalitaire. Si la censure touche de plus en plus les États-Unis de Trump, terre pourtant de liberté d’expression, cela montre qu’il nous faut rester vigilants partout.
Alors, à vos livres!
Goundo
