Le 24 avril dernier, Amjad Youssef a été arrêté. Il est le principal responsable du massacre commis il y a 13 ans dans le quartier d’Al Tadamon à Damas, la capitale syrienne.
Après plusieurs mois de traque et de surveillance de la part de l’autorité syrienne, cet ancien agent du renseignement au service de Bachar El Assad a été repéré dans une maison de la plaine d’Al-Ghab, une zone rurale située dans la province de Hama. Son arrestation a déclenché des fêtes de joie dans la capitale et plus particulièrement dans le quartier d’Al Tadamon.

image wikipédia
Une arrestation mouvementée
D’après le ministre de l’intérieur syrien, deux tentatives d’arrestations avaient déjà échouées par le passé, le criminel s’appuyant sur ses connaissances du régime de Bashar Alassad et notamment sur sa famille pour se cacher des autorités. Mais la 3ème a enfin réussi ce 24 avril 2026 malgré les tentatives d’Amjad Youssef pour se débattre et s’enfuir.

images de l’arrestation circulant sur les réseaux sociaux
Un massacre organisé
En avril 2013, Amjad Youssef appartient à l’armée de Bachar El Assad. Il est officier du renseignement militaire des membres de « la branche 227 », l’un des services de renseignement militaires syriens. C’est à cette époque qu’il va commettre le massacre de Al Tadamon : sur une video on le voit tirer sur des habitants du quartier, les yeux bandés, faisant en sorte de faire tomber le corps des victimes dans un ravin creusé au sol. La vidéo qui sert de preuve montre au moins 41 victimes exécutées puis jetées dans la fosse commune. Le nombre total des victimes mortes ce jour-là dépasserait les 280 civils et les associations de victimes du quartier demandent que des enquêtes soient faites sur d’autres massacres qui auraient eu lieu à la même époque.
Un besoin de justice
L’état syrien a annoncé son intention de juger Amjad Youssef. En théorie, les autorités pourraient le poursuivre devant les tribunaux nationaux pour : meurtres de civils non armés, participation à un massacre de masse, crimes de guerre et même crime contre l’humanité, en raison du caractère présumé systématique des violences contre la population civile.
En pratique, cela dépend surtout de la volonté politique des autorités. Le Directeur du Réseau Syrien pour les Droits de l’Homme, Fadel Abdoul Ghani, affirme qu’une sanction sévère doit lui être attribuée mais rappelle aussi que la justice doit désormais être rendue en Syrie dans le cadre des tribunaux et en toute transparence.
Qais
